Una mamma dorme accanto al suo bimbo sveglio.

Le sommeil, un cauchemar?

Un an et quatre mois

Pour beaucoup de familles, les problèmes de sommeil sont récurrents. Alors que vous vous étiez habitués à des nuits paisibles, que votre enfant s’endormait facilement et passait toutes ses nuits, voilà que les perturbations recommencent!

Les problèmes d’endormissement et les réveils nocturnes ont souvent pour origine la phase de développement dans laquelle se trouve l’enfant. Le fait de connaître ces phases aide à comprendre les difficultés qui surviennent et à agir en conséquence.

L’autonomie progresse

La deuxième année d’existence de votre enfant est placée sous le signe d’une indépendance croissante, notamment vis-à-vis de ses parents. Toutefois, cette indépendance a aussi son prix: un sentiment de solitude, d’abandon peut apparaître. Il se manifeste parfois si violemment que l’enfant a besoin, même au beau milieu d’un jeu, d’être rassuré sur la présence de ses proches. On comprend aisément que ce sentiment se manifeste tout particulièrement au moment du coucher, lorsqu’il doit se séparer de ses parents, ou lorsqu’il se réveille au milieu de la nuit et que tout est calme et sombre autour de lui.

Le sommeil dépend du vécu

Mais les sentiments de solitude et d’abandon ne sont pas seuls en cause: toutes les impressions que votre enfant emmagasine au cours d’une journée entrent aussi en ligne de compte. Ainsi, il rencontre des circonstances qu’il ne comprend pas, qui le préoccupent ou l’effraient et qui, la nuit venue, peuplent peut-être ses rêves, ce qui peut le réveiller.

C’est inévitable et il n’est pas en votre pouvoir d’y remédier. Nous autres adultes avons parfois aussi de la peine à nous endormir; il peut arriver que nous nous réveillions au milieu de la nuit et que nos soucis nous empêchent de nous rendormir. Au fil du temps, nous avons dû apprendre à gérer ces troubles, à passer seuls ces minutes ou ces heures désagréables et à retrouver le sommeil. Les petits enfants doivent eux aussi commencer par apprendre à se calmer d’eux-mêmes pour pouvoir s’endormir ou se rendormir. Ils ne parviennent pas toujours à affronter cette difficulté seuls, et c’est pour cette raison qu’ils réclament souvent la proximité de leurs parents.

«Le marchand de sable a passé…»

Le moment du coucher et le rituel qui l’accompagne sont toujours aussi importants pour votre enfant. Jeux, chansons, histoires, prières, câlins, doudou sous le bras… Les habitudes que vous avez instaurées ensemble l’aident à effectuer la transition entre le jour et la nuit, à achever la journée de manière familière.

Il acceptera par ailleurs plus facilement l’idée d’aller dormir si vous lui laissez le temps de s’y préparer. Si vous l’interrompez au milieu d’un jeu pour aller au lit, il sera en effet trop agité pour trouver le sommeil. Il est judicieux de prévoir le même déroulement tous les soirs: par exemple un jeu en commun avant de se mettre en pyjama et de se brosser les dents; puis vient le rituel du coucher.

Finir la journée en beauté

Savourez chacun de ces instants privilégiés même s’il vous arrive d’être pressés et fatigués, ou de vouloir encore rapidement terminer quelque chose. Si la journée a été plutôt orageuse parce que votre enfant ou vous-mêmes étiez de mauvaise humeur, il est particulièrement important de la terminer sur une note plus paisible. Et il faut absolument éviter de mettre votre bout de chou au lit pour le punir, car il ressentira le fait d’aller dormir comme négatif.

Votre enfant est-il de ceux qui «pètent le feu» toute la journée? A-t-il, le soir, de la peine à trouver le repos? Dans ce cas, vous pouvez tenter d’introduire davantage de petits moments de calme durant la journée et de prolonger le rituel du coucher.

Vous pouvez par exemple choisir un jeu qui le détendra ou lui raconter une histoire: voilà qui l’aidera à se libérer des tensions et à se détacher peu à peu de ses activités de la journée. Par ailleurs, n’oubliez pas que certains aliments ont un effet excitant, par exemple les jus de fruits et autres boissons et aliments sucrés. Si votre enfant a de la peine à trouver le sommeil, mieux vaut éviter de lui en donner le soir.

Une séparation est toujours difficile

S’endormir, pour votre enfant, c’est aussi se séparer de vous pour une durée encore indéfinissable pour lui. Plus il grandit, plus il prend conscience de cette séparation. Même s’il tombe de fatigue, il peut arriver qu’il proteste énergiquement contre votre départ et, couché dans son lit, vous réclame à grands cris pendant un long moment. Dans ce cas, le mieux est de lui répondre, de le rassurer en lui disant que vous êtes là. Vous pouvez aussi laisser une lumière allumée dans le corridor ou sa porte entrouverte, afin qu’il sache que vous êtes tout près et qu’il n’est pas seul.

Lorsque la nuit se transforme en jour…

Il se peut que malgré votre sollicitude, votre enfant passe des nuits agitées et entrecoupées de réveils bruyants. À cet âge, c’est le problème qu’évoquent le plus fréquemment les parents. Il s’explique de plusieurs façons.

Certains enfants se réveillent à deux heures du matin en grande forme, prêts à jouer et à s’amuser comme en plein jour. Si c’est le cas du vôtre, vous devez éviter de laisser la nuit se transformer en jour! Il faut en faire autant que nécessaire et aussi peu que possible: laisser la lumière éteinte, ne pas jouer avec l’enfant, lui parler tout doucement. Peut-être suffit-il de lui chanter une berceuse, de faire marcher la boîte à musique ou de lui caresser la tête en silence pour qu’il se rendorme.

Quelques «potions magiques» pour l’aider à s’endormir:

  • un bain chaud;
  • une chambre qui n’est pas surchauffée;
  • un peu de lait chaud avant de se brosser les dents;
  • un objet de prédilection («doudou», «patte», etc.);
  • une lolette;
  • un petit massage des pieds;
  • une bouillotte chaude;
  • une veilleuse ou une lumière allumée dans le corridor;
  • de la musique douce ou une boîte à musique.

Le besoin de sommeil évolue, lui aussi

Peut-être votre bout de chou se réveille-t-il la nuit parce qu’il n’a plus besoin de dormir autant qu’avant? En notant, durant quelques jours, ses heures de sommeil diurnes et nocturnes dans un journal du sommeil, vous saurez combien de temps il dort au total.

Si ses réveils nocturnes sont fréquents, vous pouvez essayer d’écourter sa sieste, de le coucher plus tard le soir ou de le réveiller plus tôt le matin. Cette solution est souvent efficace, à condition de faire preuve de patience et de constance: le rythme de sommeil d’un enfant doit être modifié progressivement, sur une durée d’une à deux semaines.

Cauchemars et terreur nocturne

Les rêves et cauchemars font partie du sommeil. Devenu plus grand et mobile, votre enfant emmagasine de plus en plus d’impressions durant ses expéditions quotidiennes. Les digérer n’est pas facile, ce qui peut se répercuter sur son sommeil et provoquer des cauchemars. Ces derniers peuvent également être à l’origine de réveils nocturnes: voilà votre enfant qui se réveille brusquement, pleure et a besoin de votre présence. Dans ce cas aussi, il convient de garder son calme, de faire preuve de compréhension et de lui donner un sentiment de sécurité en le prenant dans vos bras pour le tranquilliser. Il faut alors rester auprès de lui jusqu’à ce qu’il se calme et retrouve le sommeil.

Un autre phénomène pouvant toucher déjà de tout petits enfants est la terreur nocturne. Elle se reconnaît aux symptômes suivants: l’enfant a les yeux grands ouverts et l’air hagard. Il transpire, respire fort, et ses pulsations sont rapides. Il crie et, parfois, gesticule violemment sans qu’il soit possible de le calmer.

En général, il retrouve la sérénité de lui-même dix à quinze minutes plus tard et continue de dormir. Le lendemain, il ne se souvient de rien. Que faire? Il suffit de rester près de lui en essayant de garder votre calme et de prévenir tout risque d’accident (par exemple chute du lit). Aussi impressionnant que soit ce phénomène, il est généralement sans danger.

Des parents trop sollicités

Avec le temps, chaque enfant doit apprendre à s’endormir sans mettre ses parents à contribution et parvenir à se calmer tout seul s’il se réveille au milieu de la nuit. Il faut donc donner la préférence aux moyens qui encouragent cette indépendance: si, par exemple, votre enfant a besoin de sa lolette pour s’endormir, vous pouvez en mettre plusieurs à sa disposition dans son lit afin qu’il en ait toujours une à sa portée. Certains enfants s’endorment mieux si leur chambre est proche du salon et qu’ils peuvent ainsi entendre les voix de leurs parents. Nombreux aussi sont ceux qui ont besoin d’une veilleuse dans leur chambre ou de leur «doudou» pour se consoler.

Dès qu’ils sont en mesure de quitter leur lit tout seuls, beaucoup d’enfants vont se glisser dans celui de leurs parents. Ils s’y sentent en effet plus en sécurité et entourés. Certains parents continuent de dormir malgré ces visites nocturnes, si bien que le lit parental se transforme en «lit familial». D’autres, au contraire, ne supportent pas d’avoir un enfant agité à côté d’eux, se sentent mal à l’aise et à l’étroit. Si toute tentative de faire rester votre enfant dans sa chambre échoue et que vous êtes trop épuisés pour vous lever à chaque fois afin de le remettre dans son lit, vous pouvez poser un matelas à côté du vôtre. Beaucoup d’enfants dorment très bien ainsi: ils se sentent proches de leurs parents même s’ils ne sont pas tout à côté d’eux.







Illustration enfant veut aller dans le lit des parents

Tester de nouvelles méthodes pendant deux semaines

Toute nouvelle stratégie demande de la constance et vous devriez laisser à votre enfant le temps de s’y habituer pendant au moins quinze jours. Si, par exemple, vous faites dormir votre enfant sur un matelas à côté de votre lit durant une nuit pour le reprendre malgré tout dans votre lit la nuit d’après, vous ne saurez jamais si la méthode aurait pu fonctionner.

Le fait de ne trouver ni explication ni remède aux troubles du sommeil d’un enfant peut être très pesant. Sur la durée, même les parents les plus patients sont susceptibles de «craquer» dans ces moments-là. Notre impuissance nous pousse parfois à des manifestations de colère dont nous ne nous savions pas capables et qui nous effraient nous-mêmes.

Demander de l’aide

Les sentiments négatifs que nous pouvons ressentir face à un «mauvais dormeur» sont normaux et compréhensibles. Si, toutefois, vous vous trouvez à bout de forces et de nerfs et que vous êtes en état d’épuisement chronique, il est indispensable de rechercher le dialogue avec un ou une spécialiste (pédiatre, infirmière petite enfance).

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