Bonsoir, bonne nuit!
Deux ans et six mois
De nombreux enfants ont du mal à s’endormir le soir ou ne font pas leurs nuits. Voici des informations sur les causes probables et les solutions possibles.
«Papa, je veux finir ma tour de plots… Maman, il faut coucher ma poupée… Je veux encore un verre d’eau… Je dois vous dire quelque chose… Encore un bisou…» Un petit enfant qui n’a pas très envie d’aller au lit est passé maître dans l’art de retarder ce moment. C’est qu’il faut toujours aller se coucher quand on joue le mieux! Alors il essaie par tous les moyens de gagner encore quelques minutes à passer auprès de vous.
Quand le sommeil ne vient pas
Il y a, dans la vie de chaque enfant, des phases durant lesquelles il éprouve des difficultés à s’endormir. Les causes peuvent en être très variées. Peut-être les idées qui suivent vous aideront-elles à savoir ce qui se passe chez votre bout de chou, et à trouver ensemble une solution pour l’aider à mieux franchir ce cap.
Votre enfant a quelque chose à «digérer»: il se peut qu’il soit perturbé par quelque incident qui s’est produit dans son environnement et qu’il ne peut oublier. Il faut tenter de comprendre ce qui lui arrive afin de l’aider à retrouver son équilibre, ne pas lui raconter d’histoire effrayante et éviter de brancher la radio et la télévision ou d’en augmenter le son. Un rituel du soir peut lui permettre de mieux effectuer la transition entre le jour et la nuit.
Votre enfant est très actif: il n’aime guère renoncer à toutes les choses excitantes et passionnantes qui continuent sans lui une fois qu’il est endormi. Dans ce cas, mieux vaut opter pour des activités plus paisibles le soir. Si votre enfant est très agité avant de dormir, un bain chaud peut l’apaiser.
Votre enfant est «du soir»: il n’a pas un grand besoin de sommeil; il aime se coucher tard, dormir un peu le matin et fait peut-être encore une sieste en cours de journée. Beaucoup d’enfants ont en fait besoin de moins de sommeil que ne le pensent les parents. Par ailleurs, on tend à oublier que les heures de sieste sont à cumuler avec les heures de sommeil. En tenant un journal du sommeil durant une ou deux semaines, vous en saurez plus sur le besoin de sommeil réel de votre enfant.
Votre enfant a peur de rester seul: entre deux et cinq ans, il vit une certaine ambivalence: d’une part, il aspire à de plus en plus d’indépendance et, durant la journée, il entreprend de nombreuses activités par lui-même; d’autre part, il devient toujours plus conscient de son attachement à vous, de sorte qu’il peut avoir peur de vous perdre. Il cherche donc votre présence, en particulier le soir, et souhaite que vous restiez avec lui jusqu’à ce qu’il s’endorme. Il est bon de lui consacrer beaucoup de temps le soir, mais il faut l’encourager à s’endormir seul. Vous pouvez laisser la lumière allumée dans le couloir s’il le désire et le rassurer en affirmant que vous n’êtes pas loin. Si votre enfant vous entend tous les soirs vaquer aux mêmes occupations lorsque vous le quittez, ces bruits familiers l’aideront à s’endormir plus facilement.
Votre enfant a peur du noir: de quoi peut-il bien avoir peur ? Il est dans sa chambre, entouré d’objets familiers, vous êtes tout proches et il peut entendre vos voix… Dans l’obscurité, les ombres et les bruits peuvent prendre une dimension inquiétante, stimuler l’imaginaire de l’enfant et l’effrayer. Là aussi, vous pouvez laisser la porte entrouverte avec de la lumière dans le corridor ou installer une veilleuse.
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Votre enfant – et vous-mêmes – avez passé une journée difficile:** il y a des jours où tout va de travers, où tout le monde est de mauvaise humeur et se cherche querelle. Le soir venu, les parents ont envie que leur bambin s’endorme rapidement; mais celui-ci pense peut-être que ses parents sont fâchés contre lui et n’en a que plus de peine à s’endormir. Après une telle journée, il faut penser à vous réconcilier avec votre enfant afin qu’il puisse s’endormir rassuré. Peut-être serait-il heureux de garder dans ses bras un vêtement que vous avez porté?
Les parents sont impatients (par exemple parce qu’ils sont fatigués): il peut arriver que vous n’ayez pas la patience de prolonger le rituel du soir, car vous êtes très fatigués et n’avez qu’une envie: celle d’aller vous reposer. Cependant, trop d’impatience peut produire l’effet contraire, car votre enfant, frustré de son rituel, tentera alors de vous retenir. Plutôt que de lui ordonner de se dépêcher, mieux vaut donc prendre le temps, peut-être en vous relayant, pour l’aider à se brosser les dents, à se changer et à rassembler les affaires dont il a besoin pour la nuit.
Votre enfant va au lit trop tard ou à des heures irrégulières: il se peut alors qu’il ait plus de peine ou ne parvienne pas à se détendre et à «lâcher prise». C’est pourquoi il est recommandé de mettre l’enfant au lit à des heures régulières et de n’y faire exception qu’à des occasions particulières.
Peut-être ces réflexions vous auront-elles aidés à mieux comprendre et à mieux gérer la situation, voire à y remédier. Lorsque vous introduisez de nouvelles habitudes, vous devez toutefois accorder un certain temps d’adaptation à votre enfant (en général une quinzaine de jours) avant qu’elles ne produisent leur effet.
Bien des difficultés disparaissent comme elles sont venues car elles font partie d’une étape de la croissance. Si toutefois elles persistent et deviennent trop pesantes pour vous comme pour votre enfant, n’hésitez pas à en parler avec son médecin, une infirmière petite enfance ou un service psychopédagogique. Les médicaments ne sont que très rarement recommandés et ne doivent être administrés que sur prescription médicale.
Si votre enfant se réveille la nuit
Chacun d’entre nous se réveille plusieurs fois par nuit sans, en principe, que cela ne perturbe le sommeil. Souvent, nous ne faisons que nous retourner pour nous rendormir aussitôt. Certains adultes qui se réveillent complètement ont leurs propres méthodes pour retrouver le sommeil rapidement (par exemple lire deux ou trois pages, boire un verre d’eau, retaper son oreiller…).
Les enfants, eux, n’ont pas encore ces possibilités et ces capacités, et réagissent donc différemment. S’ils se réveillent parce qu’ils ont perdu leur lolette ou leur doudou, qu’ils se sont cogné la tête ou qu’ils ont peur, ils se mettent le plus souvent à pleurer et à appeler papa ou maman, voire à se lever, titubant de sommeil, pour aller se glisser sans autre forme de procès dans le lit de leurs parents.
Si vous dites à votre enfant, le soir déjà, que vous voulez qu’il reste dans son lit pendant toute la nuit, cela l’aidera peut-être. Il est également important que l’enfant se réveille à l’endroit où il s’est endormi. Ne le laissez donc pas s’endormir sur votre lit pour le porter ensuite dans le sien; il voudra en effet revenir vers vous lors du prochain réveil. Il devrait donc s’endormir là où il lui faudra retrouver le sommeil au cas où il se réveille la nuit. Il parviendra mieux à se rendormir seul s’il se trouve dans le même environnement que le soir lorsqu’il s’est couché.
S’il se réveille la nuit et vous appelle, il est conseillé de n’entreprendre que le strict nécessaire pour qu’il se sente en sécurité et parvienne à se rendormir. Vous pouvez lui faire sentir votre présence en disant toutefois que vous êtes également fatigués et souhaitez dormir, sans le sortir tout de suite de son lit; peut-être que quelques mots suffiront. Si vous voulez que votre enfant apprenne à dormir dans son lit, vous devez le ramener dans sa chambre chaque fois qu’il vous rejoint sous la couette pour se blottir contre vous. C’est en vous montrant compréhensifs et fermes à la fois que vous l’aiderez le mieux à se sentir en sécurité et à retrouver son autonomie dans le sommeil.
Peur de tout et de rien…
Au cours de sa troisième année, un enfant peut avoir de nombreuses peurs: de l’obscurité, de l’orage, des petites et des grosses bêtes, de l’eau, etc. Il peut être effrayé, ou du moins inquiété, par un grand chien qui aboie, une voiture qui klaxonne, un avion militaire qui passe, une expression courroucée sur un visage ou une voix particulièrement forte. Il lui arrive de revivre ces événements pendant son sommeil, ce qui peut entraîner des difficultés d’endormissement et/ou des réveils nocturnes.
Par ailleurs, un petit enfant a souvent peur que quelque chose n’arrive à son corps; en effet, il devient de plus en plus conscient de son intégrité corporelle et de sa vulnérabilité. D’un jour à l’autre, le fait de lui laver les cheveux ou de lui couper les ongles peut devenir difficile. La plus petite écorchure constitue un véritable drame, surtout si elle saigne. C’est pourquoi il est conseillé d’avoir toujours sous la main des sparadraps pour pouvoir panser les blessures, et surtout rassurer votre fille ou votre fils.
Plus votre enfant grandit, plus ses capacités de perception et de compréhension ainsi que ses sentiments seront riches et diversifiés. Il est donc de plus en plus conscient d’éventuels dangers. À son âge, il est toutefois encore incapable de comprendre de nombreuses choses, ce qui a pour conséquence des sentiments contradictoires qui peuvent l’effrayer. Votre enfant est encore trop petit pour parvenir à dominer seul ses peurs. Il ne sert à rien de vouloir l’endurcir, ni de lui éviter toute source d’anxiété: ses expériences lui montreront que ses craintes sont infondées. En lui témoignant de la compréhension, vous pouvez petit à petit l’aider à surmonter ses peurs.
Comment aider votre enfant à surmonter ses peurs ?
- Ne jamais se moquer de lui, car ses peurs sont pour lui bien réelles.
- Essayer de se mettre à sa place, lui faire savoir que vous comprenez sa peur.
- Ne jamais utiliser ses craintes en vue d’obtenir son obéissance.
- Veiller à ne pas exiger davantage d’un garçon que d’une fille de ne pas avoir peur.
- Essayer d’être conscient∙e de ses propres peurs, car ici aussi les parents servent de modèle. Si les araignées vous effraient, par exemple, votre enfant n’est pas obligé d’en avoir peur aussi. Tout dépendra de la façon dont vous gérez votre peur en sa présence.
- Parler avec l’enfant, l’aider à mettre des mots sur ce qu’il ressent, sur ce qui le préoccupe. Une inquiétude exprimée perd de son pouvoir angoissant.
- Ne jamais laisser l’enfant seul à la maison lorsqu’il dort. Il vaut mille fois mieux engager un ou une baby-sitter si vous sortez.
- Il existe de nombreux livres pour enfants qui ont pour thème la peur et qui donnent du courage. Vous pouvez demander conseil dans une librairie pour trouver un livre adapté à l’âge de votre enfant.