Cinq ans et trois mois
Le diagnostic «TDA-H» englobe différents troubles de la perception et de la concentration dont les manifestations sont très diverses.
Maud, 5 ans, est agitée et ne tient pas en place. Que ce soit à la maison ou à l’école, elle n’arrive pas à rester tranquille, bouillonne d’idées qu’elle mène rarement à terme. Incapable de se concentrer longtemps, elle se lasse vite lorsqu’elle s’amuse avec d’autres enfants et perturbe leurs jeux. Ses parents y réfléchissent souvent à deux fois avant d’accepter une invitation, de peur que leur fille ne se fasse remarquer.
Malo, lui, est calme et renfermé. Ses mouvements sont lents et maladroits. Enfiler un pull-over, remonter la fermeture Eclair de son pantalon ou boutonner sa veste sont toute une histoire. Le moindre obstacle le fait trébucher. À l’école, il renverse plus souvent qu’à son tour le château à peine achevé, au grand dam de ses petits camarades. Ayant du mal à se concentrer, il est rare qu’il termine un jeu ou un exercice. Il est souvent dans la lune, rêvasse et oublie beaucoup de choses. Cet été, Malo entre en première année primaire et ses parents se demandent comment leur fils s’en sortira.
Maud et Malo ont un comportement totalement différent, mais ont en commun une même difficulté: leur chemin est semé d’embûches et ils se heurtent constamment à leurs propres limites et à celles de leur entourage. Leurs parents ont longtemps douté d’eux-mêmes et de leurs capacités éducatives. Pourquoi leurs enfants étaient-ils si différents, n’entraient-ils dans aucun «schéma», au point qu’à la fin de la journée, à bout de forces et de patience, il ne leur restait que la colère et le désespoir? Ce n’est que lorsqu’ils se sont adressés à leur pédiatre qu’ils ont compris et appris comment gérer ce type de comportement.
Le diagnostic «TDA» (trouble du déficit de l’attention) couvre différents troubles de la perception et de la concentration. Ceux-ci peuvent se manifester par des comportements trop impulsifs ou par un calme très prononcé, un air rêveur, introverti, une certaine lenteur et de l’apathie. On observe fréquemment aussi des problèmes de coordination, des troubles de l’alimentation et du sommeil, des difficultés de socialisation et de brusques changements d’humeur accompagnés de débordements émotionnels. Le déficit de l’attention s’accompagne parfois aussi d’agitation physique (hyperactivité) – on parle alors de TDAH.
Cela ne veut cependant pas dire – de loin pas – que tous les enfants présentant de tels symptômes soient des «enfants TDA». Certains sont tout simplement plus vifs et, de par leur tempérament, ont besoin de plus de mouvement, alors que d’autres sont de caractère plutôt tranquille. Tel enfant sera naturellement plus doué pour le mouvement, tel autre sera plutôt maladroit.
Avant de poser un diagnostic précipité, il importe de faire un examen différencié afin de déterminer les forces et les faiblesses de l’enfant ainsi que les situations ou les actes qui le stressent.
Le plus souvent, les difficultés apparaissent au grand jour à l’école, lorsque l’attention de l’enfant est sollicitée plus longuement. Pourtant, les parents comme les enfants ont déjà parcouru jusque-là un chemin qui aurait pu être bien moins pénible si le problème avait été dépisté plus tôt.
Souvent, les parents se focalisent sur les aspects du comportement de leur enfant que la société qualifie d’«inadaptés», au point de ne plus voir ses points forts. Or il est très important pour lui qu’ils les reconnaissent et les mettent en évidence, car ce sont ses bons côtés qui lui permettront de grandir et d’apprendre à vivre avec ses faiblesses.
«Ma fille peut-elle encore trouver ses marques malgré la vie trépidante qui est la sienne?» – «Mon fils a-t-il suffisamment de moments de calme pendant la journée?» Ce sont là des questions que devraient se poser les parents dont les enfants sont très agités ou alors trop réservés. Voici quelques pistes pour aider votre enfant:
Bien des parents se désolent parce que leur enfant est agressif, perturbant les jeux des autres et allant jusqu’à les mordre ou leur donner des coups. Les enfants agressifs sont souvent très égocentriques: ils veulent tout garder pour eux, ne sont pas conciliants, piquent des crises de colère dès qu’on refuse de satisfaire leurs caprices. Cela n’est drôle pour personne, pas plus pour l’enfant que pour son entourage. Se rendre compte que son propre enfant réagit souvent par la colère et la résistance est exaspérant et il n’est pas toujours facile de garder son sang-froid. Essayez plutôt d’adopter les comportements suivants:
Certains enfants sont calmes, s’intègrent aisément dans la vie quotidienne comme dans un groupe, se sentent bien et en sécurité partout. Mais un enfant qui passe quasiment inaperçu tant il se «fond dans la masse», qui ne joue ni ne parle avec d’autres enfants, évite les contacts, vit replié sur lui-même, s’accroche toujours à vous, voilà qui devrait vous alerter. Son comportement est alors synonyme d’insécurité, de timidité, de peur ou de souci. Les adultes ont davantage tendance à s’inquiéter lorsque c’est un garçon qui se montre réservé, une petite fille calme étant encore considérée par beaucoup comme un idéal. Résultat: silencieuse, sa souffrance passe souvent inaperçue.
Aider ces enfants à sortir de leur isolement demande beaucoup de discernement. Il faut, par-dessus tout, éviter de les contraindre, leur consacrer du temps et respecter leur rythme, y compris pour les amener à jouer avec d’autres enfants. Pour entrer dans leurs jeux, l’enfant aura besoin de l’aide des adultes, qui commenceront par exemple à sa place à lancer le ballon, à tourner les cartes du Memory ou à construire le château de sable. Dans un second temps, ils devront cependant se retirer du jeu, afin que l’enfant fasse ses expériences et apprenne à exister par lui-même.