Un bimbo piccolo che urla, steso sul pavimento.

S’opposer pour bien se développer

Un an et six mois

La période dite «d’opposition» est généralement considérée comme un moment difficile à passer. Pourtant, elle remplit une fonction essentielle: la constitution, puis la consolidation de la conscience de soi et de la confiance en soi de l’enfant.

Votre bout de chou va traverser plusieurs crises de ce type durant son enfance. Aussi éprouvantes qu’elles soient pour les parents (et pour l’enfant), elles lui permettront de développer peu à peu son autonomie et sa sociabilité. Pour parvenir à se forger une volonté qui lui soit propre, l’enfant doit en effet tenter de l’imposer encore et encore, et tester l’effet de son comportement sur son entourage direct. La violence et la longueur des phases d’opposition varient de cas en cas.

À quoi ressemble cette fameuse «crise»?

Le mot-clé en est bien sûr le «non». Dès que l’enfant découvre qu’il a la possibilité, par un seul mot, de s’opposer à votre volonté, il en use sans limites. Tous les parents en font un jour ou l’autre l’expérience: leur chérubin manifeste alors à cor et à cri son opposition à toute suggestion ou consigne. Vous lui proposez par exemple de manger quelque chose: vous vous heurtez immédiatement au «non». Vous avez beau insister avec gentillesse, patience ou persuasion, c’est «non» et encore «non».

Les crises d’opposition se dissipent en quelques minutes

Et voilà votre enfant qui semble perdre toute conscience de son entourage: il crie de rage et trépigne, à moins qu’il ne tape sur tout ce qui se trouve sur son chemin, jette les objets sur le sol, se roule par terre, retienne sa respiration jusqu’à en devenir écarlate ou même se frappe la tête…

Même si la crise est impressionnante, il n’y a pas lieu de vous inquiéter outre mesure. La plupart du temps, ces manifestations d’opposition sont explosives mais s’arrêtent bien vite et sans grand incident.

Un petit enfant ne peut pas être «raisonnable»

L’apparition de telles crises ne signifie pas que l’enfant soit foncièrement désobéissant ou qu’il ait mauvais caractère. Comme expliqué précédemment, elles lui servent à développer sa volonté. Il faut savoir qu’un enfant de cet âge vit dans l’instant présent et n’a pas encore complètement assimilé les notions temporelles telles que «après, plus tard, bientôt, pas encore, demain»: pour lui, l’attente représente une frustration, puisqu’il ne sait pas encore différer ses envies ou accepter un compromis.

Il est également incapable de peser le pour et le contre pour prendre une décision raisonnable. Confronté à cette réalité, aux limites de sa toute-puissance et à l’impossibilité de voir se réaliser tous ses désirs, il en éprouvera peut-être du désespoir et de la colère. Cela peut également se produire lorsqu’il se trouve placé devant ses propres limites.

Laisser passer l’orage

Ces grosses colères ne sont agréables ni pour l’enfant, ni pour les parents, surtout lorsqu’elles se déclarent en public. Parmi les témoins de la scène, certains ne pourront sans doute s’empêcher de vous prodiguer des conseils «bien intentionnés» (qu’il vaut toutefois mieux ignorer). Les causes de la crise peuvent être très variées et parfois difficiles à comprendre pour les adultes. Un morceau de gâteau qui tombe, par exemple, suffit à provoquer un drame… Dans la mesure du possible, il faut tenter de tolérer la colère et le désespoir de votre enfant sans les minimiser; réagir de manière aussi détendue que possible et prendre un peu de distance (par exemple en quittant brièvement la pièce pour reprendre vos esprits) vous permettra de mieux supporter ces minutes difficiles.

Ne pas «acheter» le calme avec des sucreries

Tenter une réconciliation au moyen de sucreries est peu indiqué: il vaut mieux laisser l’enfant faire sa crise que de vouloir à tout prix l’en empêcher. Certes, il n’est pas aisé de trouver le détachement nécessaire, de laisser passer l’orage sans s’irriter et de ne pas se sentir personnellement agressé∙e par ce comportement.

Lorsque le gros de la crise sera passé, n’hésitez pas à prendre votre enfant dans vos bras car il aura alors certainement un grand besoin d’être entouré et rassuré sur l’amour que vous lui portez. Il saura ainsi que tout est rentré dans l’ordre.

Chacun∙e d’entre nous a des limites de tolérance différentes. Il peut d’ailleurs aussi vous arriver de vous fâcher une fois ou l’autre! C’est compréhensible. Mais une fois la situation calmée, vous devriez reprendre votre rôle de modèle et montrer à votre enfant comment se réconcilier en lui présentant vos excuses.

Ne jamais frapper

Il ne faut jamais recourir à la force et frapper votre enfant: les coups ne constituent pas un mode d’éducation − ils ne sont que source de crainte et de tristesse. Votre enfant n’est pas méchant ou mal élevé, mais passe par des phases de développement qui, si elles ne sont pas toujours très agréables pour vous, restent néanmoins nécessaires. Il est important que vous acceptiez ces phases, que votre enfant les vive et que vous lui témoigniez malgré tout votre amour.

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