Bimbo che si arrampica.

Que faut-il permettre… ou interdire?

Votre enfant au neuvième mois

Parallèlement à cette conquête de l’indépendance, différentes questions se posent: que permettre, qu’interdire? Et comment? Car à cet âge, les enfants ne sont pas encore capables de discernement.

Comment réagir si votre enfant est irrésistiblement attiré par les boutons de la nouvelle chaîne stéréo? Ou s’il se découvre une passion pour le transport de la terre de vos plantes de salon? Ou encore s’il adore faire de la musique avec les couvercles de casseroles, de préférence en fin de journée, lorsque tout le monde est bien fatigué.

Les adultes ont de la peine à comprendre certains comportements pourtant essentiels au développement de l’enfant. En lançant un objet par terre, en s’amusant avec sa nourriture ou en jetant son gobelet à travers la table, votre bout de chou apprend: il découvre peu à peu, de manière ludique, l’utilité, la composition et la manière de se servir des objets.

À la découverte de ses propres possibilités

Il se révèle à lui-même en découvrant le champ de ses possibilités, fait des expériences sensorielles, observe comment son entourage réagit à ses actes et se familiarise avec les sons, l’espace, les distances et la gravité. Un enfant devrait avoir autant d’occasions que possible de bouger, d’explorer et de découvrir.







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Tout est attirant

Par ailleurs, les enfants veulent participer à tout ce que font les adultes. La lessive que vous pliez, par exemple, exerce sur votre petite fille ou votre petit garçon un attrait irrésistible. Si la pile de linge se trouve à sa portée, il va la faire s’écrouler en attrapant un vêtement.

Cette envie de participer à toutes vos activités peut parfois être agaçante, car vous ne pouvez plus rien faire sans être «dérangés», et il faut beaucoup de patience pour ne pas réagir avec humeur. Le meilleur moyen de contenter tout le monde consiste souvent à faire diversion, en l’occurrence à mettre une petite pile de lessive à la disposition de l’enfant. Malheureusement, il préférera souvent ce que vous tenez dans vos mains… Pour ménager vos nerfs, il est donc préférable de repousser l’activité en question à un moment où votre bébé fera la sieste ou sera confié à quelqu’un d’autre.

Tiroir pour enfants avec des ustensiles de ménage

Il est un jeu que la plupart des enfants de huit mois adorent: le «nettoyage par le vide» des tiroirs et des étagères. C’est l’occasion de mettre à contribution votre sens de l’organisation et votre flexibilité: à la cuisine ou dans les autres pièces, vous pouvez aménager les espaces de rangement de manière à placer à une hauteur suffisante tout ce que vous ne souhaitez pas voir touché par votre enfant, mais en laissant à sa portée tout ce qui n’est ni dangereux, ni fragile… et qui ne prend pas trop de temps à être remis en place!

Comme nous l’avons déjà suggéré dans le Message aux parents n° 7, vous pouvez aussi remplir un tiroir d’ustensiles intéressants, que vous changerez parfois pour varier les plaisirs. Quant aux tiroirs «interdits», il existe des fermetures de sécurité empêchant les enfants de les ouvrir; on peut aussi, dans certains cas, enlever simplement les poignées.

Partir à la découverte avec les yeux de votre enfant

Il est bon aussi de partir de temps à autre à la découverte de votre logement en vous plaçant à hauteur d’enfant et en vous laissant gagner par l’enthousiasme de votre petite fille ou de votre petit garçon.

Les jeunes enfants sont curieux et impétueux. Si des «malheurs» surviennent lorsqu’ils jouent, ceux-ci ne sont jamais intentionnels: un enfant de huit mois est encore incapable d’évaluer les conséquences de ses actes. Ce que nous considérons comme un geste de destruction pur et simple n’est, pour lui, qu’une exploration qui aura eu des conséquences intéressantes.

Pratiquer la sérénité

L’enfant ne comprend pas encore qu’il a pu casser un objet précieux ou que la terre répandue autour d’un pot devra être ramassée. Le désordre est une conséquence inévitable du besoin d’explorer du tout-petit. Il faut sans cesse veiller à ce qu’il ne se mette pas en danger!

Vous pouvez réduire considérablement votre agacement et les interdits en rangeant hors de portée les objets que vous souhaitez ne pas voir dans les mains de votre enfant. Si la décoration de votre intérieur peut en souffrir, vous y gagnerez certainement en indépendance et en sérénité: avec un appartement «sûr», vous n’aurez pas à garder votre bébé à l’œil en permanence.

Ce dernier préférera toutefois jouer en votre présence, car le contact visuel lui confère la sécurité nécessaire pour se sentir calme et détendu.

Dire non… certes, mais comment?







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Laisser une grande marge de manœuvre à un enfant ne signifie pas que tout doit lui être permis. Chaque enfant doit apprendre qu’il n’a pas le droit de faire tout ce qui lui passe par la tête, parce qu’il pourrait se blesser ou parce que ses parents ne le veulent pas.

Ainsi, votre bébé doit comprendre qu’il ne peut pas goûter à la tablette informatique, déchirer l’album photo ou vider la caisse du chat.

Mais ne vous attendez pas à ce qu’il se montre raisonnable et accepte immédiatement vos interdictions: il lui faut du temps pour les intégrer. C’est pourquoi vous devrez vous montrer fermes et ne pas hésiter à vous répéter.

Peu de limites, mais très claires

Certains enfants admettent tout de suite un «non», alors que d’autres vont y passer outre pour tester vos réactions. Quoi qu’il en soit, votre enfant aura encore besoin de beaucoup de temps pour comprendre pourquoi certaines choses lui sont interdites. Son éducation sera plus aisée si vous tenez compte de son stade de développement.

Fixer des limites demande beaucoup de tact, de patience et de sens critique. Expliquer par des mots simples à votre bout de chou pourquoi vous lui interdisez quelque chose vous permet de mieux évaluer si votre interdiction est vraiment fondée. Il faut se rappeler que plus on impose des interdictions, plus on se fixe aussi des contraintes, car il faut dès lors constamment veiller à ce que toutes ces consignes soient suivies d’effet.

Si vous définissez des limites moins nombreuses mais plus claires, votre enfant aura plus de facilité à les respecter. Dites-lui alors fermement «non», de manière à ce qu’il comprenne que vous parlez sérieusement. Essayez de garder votre calme et de ne pas le gronder s’il ne vous obéit pas, même s’il vous faut répéter votre interdiction. Les tapes sur les mains sont à proscrire, car elles n’ont aucune valeur éducative.







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La patience est mère de toutes les vertus

Nous savons par expérience que les enfants en âge de se déplacer requièrent une patience infinie et que les parents ont aussi leurs propres limites. Il arrive à tout un chacun d’avoir des réactions brusques ou déplacées: après tout, nous ne sommes pas des robots! L’essentiel est que votre enfant sache que vous l’aimez, même s’il n’agit pas toujours comme vous le souhaiteriez.

Il ne faut donc jamais lui dire qu’il est méchant ou que vous ne l’aimez plus, et ne jamais l’enfermer seul dans sa chambre. Si vous l’avez grondé sous l’emprise de la colère, il faut rapidement faire la paix avec lui, sans le laisser pleurer trop longtemps. Il suffit de le prendre dans vos bras pour lui montrer que l’orage est passé et que tout est rentré dans l’ordre.

À propos des punitions corporelles

La plupart des parents connaissent ces situations où ils sont à deux doigts de saisir leur enfant et de le secouer ou de le frapper.

Si les agissements de l’enfant peuvent parfois énerver, il existe aussi des situations où la nervosité des parents n’a rien à voir avec lui. Même si ce n’est pas toujours facile, mieux vaut vous dire «stop» et prendre de la distance.

  • Lorsque vous craignez de ne plus pouvoir vous maîtriser, vous pouvez par exemple mettre l’enfant dans un endroit sûr puis vous retirer brièvement dans une autre pièce. Il faut tenter de vous calmer et ne pas hésiter à chercher de l’aide si vous n’y parvenez pas.

  • Vous pouvez aller chez un·e voisin·e, un·e ami·e, ou appeler votre partenaire, la ligne téléphonique Conseils aux parents de Pro Juventute ou toute autre personne en qui vous avez confiance.

  • N’en venez jamais à frapper ou secouer votre bébé, car vous risquez de le blesser grièvement, voire de mettre sa vie en danger. De plus, vous ne lui apprendrez rien en le punissant ainsi, car il n’est pas en mesure de comprendre le sens de votre geste.

  • Les punitions corporelles n’ont aucune valeur éducative, elles ne font qu’attrister, décevoir, décourager et apeurer l’enfant.

  • Cela vaut également pour les petites tapes ou les fessées: même si on croit encore souvent qu’elles ne peuvent pas faire de mal, qu’il ne s’agit pas vraiment de coups, il ne faudrait jamais les utiliser comme méthodes éducatives. Même atténué, un coup reste un coup!

Demander de l’aide

Mais il reste des situations dans lesquelles toutes les bonnes résolutions ne servent à rien, quand les parents ne savent plus comment s’en sortir, parce que leur enfant a une personnalité très affirmée et qu’il n’en fait qu’à sa tête, ou parce qu’ils sont surmenés, qu’ils ont des problèmes financiers, relationnels ou professionnels.

S’adresser à un centre de consultation éducative ou conjugale n’est certes pas une démarche aisée, mais elle vaut la peine d’être tentée. Souvent, quelques entretiens suffisent pour clarifier les choses et amorcer une détente. Votre pédiatre, votre infirmière petite enfance, une permanence téléphonique pour les parents ou d’autres services peuvent également vous venir en aide.

Parler des questions d’éducation

Si, dans les premiers mois de vie de votre bébé, vous étiez surtout préoccupés par les soins à lui prodiguer et par votre relation avec lui, les questions d’éducation deviendront de plus en plus importantes au cours de sa croissance. Les parents se demandent souvent quelles limites fixer, comment se comporter lorsqu’ils sont surmenés ou comment faire pour ne pas trop gâter leur enfant. Pourquoi ne pas discuter de ces questions ensemble?

Le fait de connaître diverses opinions aide à se forger la sienne, sans compter qu’il est rassurant de constater que tous les parents éprouvent le même sentiment: élever des enfants est source de grand bonheur, mais également de difficultés, d’incertitudes, de peurs et parfois d’irritation.

La parentalité crée des liens

Aussi différents que soient les parents, les enfants et leur mode de vie, tous ont un dénominateur commun: ils forment une famille. Découvrir d’autres réalités que la sienne peut être enrichissant et permet de nouer de nouveaux contacts.

Presque toutes les grandes localités disposent de centres parentaux ou familiaux, de groupes de parents ou d’écoles des parents. Ces structures permettent de discuter, d’échanger des idées, de suivre des conférences ou des cours sur des thèmes relatifs au développement et à l’éducation des enfants. Par exemple, il existe également des groupes pour les familles monoparentales, les parents d’enfants handicapés, les parents de jumeaux et enfants multiples ou les groupes d’enfants en bas âge. Vous pouvez aussi suivre des cours de massage, de gymnastique parents-bébés, etc.

Il vaut la peine de se renseigner sur les offres existantes auprès de votre commune, du centre de puériculture et du service de la jeunesse de votre localité, de votre paroisse, des sociétés féminines locales ou encore de la Fédération suisse pour la formation des parents.

Il n’est pas toujours facile de trouver du temps libre – qui plus est pour parler d’éducation, alors que celle-ci vous occupe déjà autant. Il peut vous sembler inutile d’y consacrer vos rares instants de liberté; mais ce temps que vous passerez à enrichir vos connaissances sur le difficile métier de parents et sur vous-mêmes peut aussi, finalement, vous donner plus d’énergie, une plus grande liberté d’action et plus d’assurance.

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