Trois ans et six mois
En se disputant, les enfants apprennent à s’imposer, à chercher des compromis ou à trouver de nouvelles solutions. Il est parfois difficile pour les parents de ne pas intervenir en cas de conflit.
Les situations suivantes vous rappellent-elles quelque chose?
Colère, jalousie, envie – les conflits peuvent avoir différentes origines. Peu importe la cause et le lien de parenté qui unit ou non les enfants, l’important pour eux, c’est de se manifester. En se chamaillant, les enfants apprennent à cerner leurs besoins, leurs intérêts et leurs sentiments ainsi que ceux des autres.
La confrontation leur montre toute une gamme de compétences: s’imposer ou, au contraire, renoncer, faire preuve de courage, percevoir et prendre au sérieux les sentiments de l’autre, écouter, rechercher des compromis et trouver ensemble des solutions constructives.
Les enfants étant tous différents, il peut arriver que deux d’entre eux ne s’entendent décidément pas et qu’ils se disputent sans arrêt. Si leurs parents sont amis, la situation peut devenir pénible pour tout le monde. Comme il est impossible de créer l’amitié, il vaut peut-être mieux se voir d’abord entre adultes et laisser passer quelque temps avant de tenter une nouvelle rencontre.
Les disputes répétées entre enfants ne doivent cependant pas forcément conduire à une séparation. Observez pour quelle raison ils se bagarrent. Voyez-vous une chance de réconciliation? Les conflits entre amis peuvent être un signe de confiance et de relation intense par la mise à l’épreuve.
Votre enfant apprend alors que, contrairement aux membres de sa famille qui sont toujours là dans les bons et les mauvais moments, les amis, ça se mérite!
Comme les adultes, les enfants adoptent une variété de comportements lorsqu’ils se disputent: certains s’emportent, d’autres abandonnent facilement, quelques-uns cherchent la bagarre ou au contraire s’effacent pour avoir la paix. Une chose est sûre: un enfant observe de très près comment sa famille aborde les difficultés et quel type de solutions elle privilégie.
Si vous reconnaissez le côté positif des conflits pour l’apprentissage des relations humaines, il vous sera plus facile de ne pas intervenir systématiquement. Votre enfant doit pouvoir faire ses propres expériences.
Lorsque les conflits sont toujours résolus par un adulte, l’enfant ne peut pas apprendre à gérer lui-même des situations désagréables et sera perdu si vous n’êtes plus là. Commencez par observer la situation. Si nécessaire, vous pouvez compter mentalement jusqu’à dix pour vous calmer.
N’oubliez pas que chez les enfants, même les pires ennemis redeviennent rapidement de bons amis.
Les choix que font les enfants pour résoudre leurs conflits ne sont pas toujours conformes aux idées de leurs parents, notamment s’ils en viennent aux mains. La plupart du temps, rester en retrait demande plus d’énergie que s’en mêler. Bien sûr, il y a des situations dans lesquelles il faut intervenir immédiatement. Par exemple quand un enfant utilise des objets dangereux, qu’il est aveuglé par sa colère et qu’il dépasse les limites ou que c’est toujours le même qui est pris pour cible. Il faut fixer des règles claires pour les disputes et les respecter. Lorsque vous devez intervenir, prenez votre temps, commencez par consoler les enfants qui pleurent et attendez que l’orage soit passé. Souvent, tous les enfants ont leur part de responsabilité et il est difficile de reconstituer les faits. Évitez donc de prendre tout de suite parti pour l’enfant qui se trouve (apparemment) en position de faiblesse. Parfois, c’est justement la «victime» qui a provoqué la bagarre. Au lieu de chercher un coupable, encouragez-les à faire la paix. Vous pouvez utiliser une sorte de rituel pour enterrer la hache de guerre: par exemple se serrer la main et échanger un mot gentil.
Ces règles valent bien entendu pour petits et grands. Expliquez à votre enfant (et si nécessaire à ses amis si vous avez de la visite) pourquoi vous vous y tenez et ce qu’ils risquent s’ils ne les respectent pas. Dans chaque famille, les règles sont différentes. En parler ouvertement avec les autres parents peut aider à dissiper des malentendus et, qui sait, trouver une idée nouvelle qui vaut la peine d’être testée!