Votre enfant au quatrième mois
Les journées passées avec votre bébé sont parfois éprouvantes et peuvent susciter différents sentiments, jusqu’à faire baisser votre moral ou engendrer une dépression post-partum. Rassurez-vous en réalisant que toutes les mères ont besoin de temps pour s’adapter à leur rôle.
Le matin, en vous levant, vous trouvez dans la cuisine les casseroles de la veille qu’il faudrait laver. Avant de faire la vaisselle, vous souhaitez vous octroyer un café et jeter un coup d’œil au journal.
Mais voilà que le téléphone sonne et réveille votre enfant, qui se met à pleurer. Et le biberon qui n’est pas prêt! Vous abrégez l’entretien pour changer et nourrir votre bébé avant de faire la causette avec lui. Une demi-heure plus tard, vous repensez à votre café et à la vaisselle qui n’est toujours pas faite.
Si vous décidez d’ouvrir d’abord le journal, la sonnerie de la porte va certainement retentir! Au loin, votre enfant vous appelle encore: il réclame des câlins. Si c’est bien agréable, cela prend également du temps. Qu’aviez- vous prévu de faire aujourd’hui?
La promenade pourrait se combiner avec les courses pendant que la machine à laver tourne. Vite, un petit saut sous la douche, avant qu’il ne soit à nouveau l’heure de nourrir et de changer le bébé. Il faudrait aussi sortir les vieux papiers. Mince, la vaisselle sale est toujours dans l’évier! Que cuisiner ce soir? Un plat qui ne prenne pas trop de temps…
Cette description vous rappelle quelque chose? Vous ne savez plus où donner de la tête, vous ne parvenez pas à achever un travail sans être interrompue, votre journée est morcelée et, le soir, vous vous demandez pourquoi vous êtes si fatiguée alors que vous avez l’impression de ne rien avoir mené à bien…
Aujourd’hui, la plupart des femmes ont terminé une formation professionnelle et travaillé durant plusieurs années avant la naissance de leur premier enfant. Pour beaucoup d’entre elles, ce passage (temporaire) de leur poste de travail à la table à langer constitue donc un changement important.
Allaiter, changer des couches, calmer un bébé qui pleure, masser son ventre, caresser ses petites mains et ses petits pieds, lui chanter des chansons, le consoler, le bercer pour qu’il s’endorme tout en faisant les courses, le ménage et la lessive… autant d’activités qui rythment la journée – certaines plus agréables que d’autres.
La maternité n’est pas faite que de moments heureux, elle peut aussi susciter des sentiments contradictoires. Notre société véhicule toujours le cliché de la mère épanouie, équilibrée et dure à la tâche, qui s’organise sans problème entre l’éducation des enfants et les tâches domestiques. Si vous n’y parvenez pas aussi aisément, vous vous sentez coupable…
Sachez que vous n’êtes pas la seule dans ce cas: souvent, les jeunes mères de famille n’osent pas évoquer les difficultés qu’elles rencontrent. Il serait pourtant si important de parler de votre nouveau rôle avec votre partenaire, avec un·e ami·e ou avec d’autres parents!
Si vous vous sentez seule chez vous avec votre bébé, il vaut la peine de chercher activement le contact avec d’autres jeunes parents. Si vous ne connaissez pas (encore), dans votre voisinage ou votre cercle d’amis, des familles ayant des petits enfants, il existe de nombreuses possibilités d’en rencontrer: groupes parents-enfants, lieux d’accueil type «maison ouverte», groupes d’allaitement, groupes de jeux, cours de massage pour bébés, etc.
Les parents d’enfant en situation de handicap ont aussi la possibilité de participer aux rencontres d’organisations de parents spécifiques. Vous trouverez des informations utiles sur insieme et auprès de la Conférence des associations de parents de handicapés (CAPH). Sur le site parents-parrains.ch, vous pouvez aussi chercher des parents d’enfants souffrant de troubles cognitifs et entrer en contact avec eux.
L’importante offre en la matière fait toutefois courir le risque d’entamer trop d’activités et d’avoir à trop planifier son quotidien. Renseignez-vous sur les offres dans votre centre de puériculture et choisissez ce qui semble le mieux vous convenir.
Êtes-vous consciente du fait qu’en tant que mère de famille, vous travaillez vingt-quatre heures sur vingt-quatre? Un contrat de travail conventionnel définit clairement les pauses et les heures de loisirs. Dans votre situation, vous devez vous-même vous accorder ces moments de détente lorsque vous en ressentez le besoin et vous organiser en conséquence. Il faut fixer des priorités: peut-être vous serait-il utile de dresser chaque soir une liste des activités à effectuer le lendemain et de celles qui peuvent être remises à plus tard. Cette liste peut aussi prévoir du temps libre pour recharger vos batteries.
Il faudra éventuellement faire appel à des personnes extérieures pour garder votre enfant. Discutez donc de vos besoins avec votre partenaire, vos ami·e·s, vos parents ou une autre personne de confiance. Et laissez-vous choyer de temps à autre!
S’offrir des moments de détente et de repos.
Faire garder le bébé de temps en temps.
Prendre conscience de ce qui est vraiment nécessaire. Ne pas hésiter à délaisser parfois le ménage.
Se réserver des plages de temps à partager avec le conjoint ou pour rencontrer d’autres adultes.
Se lancer dans une activité autre que celles de l’éducation et du ménage (hobby, cours, travail à temps partiel).
Prendre soin de son corps en pratiquant des massages, des techniques de relaxation, etc.
Parler avec un∙e médecin, une sage-femme ou une infirmière petite enfance de la possibilité d’une psychothérapie.
Prendre rendez-vous chez un∙e médecin, faire un bilan sanguin et éventuellement entamer un traitement de soutien médicamenteux.
En règle générale, les mères ne sont jamais aussi performantes que durant la période d’allaitement. Les hormones sécrétées pendant cette période ont une fonction antistress qui aide les femmes à aborder l’allaitement de manière calme et détendue.
Il se peut toutefois que vous connaissiez des moments plus difficiles. Allaiter demande beaucoup d’énergie, et il est fort possible qu’un état de fatigue permanent fasse baisser le flux du lait et que vous ayez l’impression de ne plus en avoir suffisamment. Par ailleurs, beaucoup d’enfants connaissent régulièrement des poussées de croissance, ce qui engendre une augmentation de leur besoin en nourriture. Ce genre de difficultés peut se régler de lui-même, mais vous avez alors besoin de calme, et parfois de soutien, pour continuer d’allaiter.
Peut-être désirez-vous plutôt sevrer votre enfant et cherchez des moyens pour y parvenir. Il se peut aussi que l’une ou l’autre mère ressente une pression diffuse de devoir poursuivre l’allaitement alors qu’elle souhaite l’arrêter. Quelle que soit la raison de votre «crise», il vaut la peine de demander conseil auprès d’une conseillère en allaitement afin de trouver la meilleure solution pour vous.
Un bébé exige une présence permanente qui ne laisse guère de plages de repos. S’occuper d’un petit enfant peut être très astreignant sur le plan physique et émotionnel. Au fil des semaines, certaines mamans se sentent de plus en plus fatiguées et mal dans leur peau. Cela peut conduire à des états d’épuisement, voire à des dépressions.
Elles ne parviennent plus à profiter de la vie avec leur enfant alors qu’elles auraient, semble-t-il, toutes les raisons d’être heureuses. Elles se sentent irritées, surmenées et abattues. À cela peuvent s’ajouter un manque d’appétit, des troubles du sommeil, une attitude passive, des palpitations, des troubles de l’équilibre, un manque d’intérêt généralisé, un rejet de l’allaitement ou des sentiments mitigés envers l’enfant.
La crainte de ne pas arriver à maîtriser les tâches éducatives et domestiques, ainsi que celle du possible retour à la vie professionnelle peuvent devenir obsédantes. Toutes les mères de famille peuvent vivre une période de ce type à un moment ou un autre. Si cela vous arrive, il faut tenter de ne pas culpabiliser ou de vous dévaloriser, et de trouver du soutien. À qui pourriez-vous déléguer une partie de votre travail et de vos responsabilités pour souffler un peu?
Si, malgré ce soutien, vous ne parvenez pas à retrouver un bon équilibre, n’hésitez pas à consulter une personne spécialisée (infirmière petite enfance, sage-femme, médecin) qui comprendra sans doute très bien votre situation.
Si vous n’arrivez plus à sortir de votre état d’abattement, il est possible que vous souffriez d’une dépression post-partum. Malgré ce que l’on croit souvent, ce type de dépression peut également apparaître plusieurs mois, voire une année, après la naissance. Nous avons déjà abordé ce thème dans le Message «Devenir parents».
Depuis quelque temps déjà, vous vous sentez triste, épuisée, sans entrain et comme vidée? Vous ne vous réjouissez plus de rien? Vous êtes angoissée au sujet de votre enfant et vous cédez à la panique sans raison? Cette responsabilité inhabituelle vous pèse et vous vous sentez dépassée? Vous ressentez un sentiment de culpabilité inexplicable? Vous souffrez de troubles du sommeil? Vous avez du mal à vous concentrer? Vous ressentez de l’aversion pour les contacts physiques et la tendresse?
Souvent, la dépression post-partum engendre aussi des troubles psychosomatiques, tels que maux de tête, troubles cardiaques, problèmes digestifs, douleurs d’estomac, tensions musculaires, maux de dos, nausées, bouffées de chaleur ou engourdissement.
Il est important de prendre au sérieux votre état ainsi que vos sentiments et de demander de l’aide. Il vaut mille fois mieux vous confier à votre partenaire et à votre famille sans essayer de faire bonne figure à tout prix. Une dépression post-partum se guérit, mais l’aide d’un·e professionnel·le est souvent indispensable. N’hésitez pas à accepter cette aide.
L’assurance-maladie de base rembourse les frais thérapeutiques d’un·e psychiatre ou – si un·e psychiatre vous le prescrit – d’un·e psychologue psychothérapeute. Si vous bénéficiez d’une assurance complémentaire, il se peut que celle-ci couvre une partie des frais de la psychothérapie même si vous n’avez pas préalablement consulté un·e psychiatre.
Tous les cantons disposent de listes de psychothérapeutes et d’associations de psychologues. Vous trouverez ici une liste des psychologues reconnus au niveau fédéral.
Si vous n’avez pas l’énergie nécessaire pour changer les choses par vous-même, vous pouvez demander à votre partenaire ou à un·e proche de contacter des spécialistes afin que vous puissiez bénéficier rapidement d’une aide professionnelle.
Souvent, échanger avec des personnes vivant la même situation que vous peut être salutaire. Il est bon de savoir qu’il existe des femmes qui savent de quoi vous parlez – surtout si votre propre entourage a du mal à vous comprendre. Le fait que d’autres vous écoutent et vous comprennent vous soulagera. Il est généralement plus facile de se rendre dans un groupe de discussion que chez un·e psychologue ou un·e psychiatre.
Vous trouverez de nombreux groupes d’entraide auprès de la Fondation «Info-Entraide Suisse». Il faut du courage pour assumer le fait que la maternité ne se déroule pas comme vous l’aviez imaginé et, fréquemment, les femmes en ressentent une honte injustifiée. N’hésitez pas à vous renseigner sur les offres proches de votre lieu de domicile et à vous rendre dans un groupe de discussion pour voir si ce type d’échanges vous correspond et vous est bénéfique.
Cela fait quelques mois que votre enfant est né. Comment la naissance s’est-elle déroulée? Était-ce – malgré la douleur – une expérience harmonieuse? Ou était- ce difficile car la naissance ne s’est pas déroulée comme vous le souhaitiez? Y a-t-il eu des complications? L’enfant est- il né trop tôt?
Il arrive que les mères vivent la naissance ou la période postnatale comme très stressante voire traumatisante a posteriori. Ces sentiments n’apparaissent souvent que plus tard, car les premiers temps, on se contente généralement de «fonctionner». Cela ne signifie pas nécessairement qu’il s’agit d’une dépression postnatale. Néanmoins, il est important de prendre au sérieux de telles situations de stress et de savoir que vous n’êtes est pas seule. Ici aussi, en parler avec des spécialistes ou d’autres mères concernées peut vous aider à gérer les expériences difficiles.