Un an et quatre mois
Dans bien des familles, les repas sont des sources de désagréments, voire de véritables drames. Pourtant, le repas est souvent le seul moment de la journée où tous les membres de la famille se retrouvent.
Un petit enfant à la table familiale, voilà qui met incontestablement de la vie… et quelle vie! Votre enfant entend se nourrir seul. Pas encore très habile, il se barbouille, renverse le contenu de sa cuillère ou de son gobelet. Bien que fort dépité par ces échecs, il protestera énergiquement si vous volez à son secours, car vous faites obstacle à son désir d’indépendance. Il vaut mieux n’intervenir que lorsqu’il ne parvient pas à manger à sa faim sans votre aide. À cet âge, la plupart des petits se débrouillent déjà assez bien avec la cuillère, à condition qu’on leur laisse suffisamment d’occasions pour s’exercer.
Lorsque vous préparez son assiette, vous pouvez réfléchir à la présentation la plus judicieuse: en petites bouchées ou en morceaux dans lesquels il est possible de mordre en s’aidant des doigts.
S’agissant de la propreté, il vous faudra encore faire preuve de patience… mais avec des meubles d’entretien facile et une protection sous la chaise, ce n’est pas si dramatique. L’essentiel est de rester de bonne humeur et d’apprécier votre repas.
Votre enfant n’a pas à être le centre du monde lorsque vous êtes à table, mais vous pouvez l’intégrer à votre discussion et à l’action comme vous le feriez avec un adulte. Moins vous accorderez d’importance à son comportement, moins vous ferez de commentaires et mieux les repas se passeront.
Un des motifs les plus fréquents des «épreuves de force» survenant à table concerne la quantité de nourriture que les parents aimeraient faire absorber à leur enfant.
Il faut ici éviter les fixations: un enfant en bonne santé ne se laisse pas mourir de faim. Vous pouvez faire confiance au vôtre, il sait ce dont il a besoin. Son appétit a peut-être diminué par rapport à sa première année, ce qui est fréquent et tout à fait normal.
De plus, il existe de «petits» et de «gros» mangeurs. Peut-être aussi votre enfant a-t-il tendance à trop grignoter entre les repas? Enfin, certains enfants assimilent très bien la nourriture qu’ils ont absorbée, si bien que de petites quantités leur suffisent.
L’appétit d’un enfant varie d’un jour à l’autre, et son goût aussi évolue constamment. Il suffit donc de donner au vôtre la possibilité de découvrir régulièrement de nouveaux aliments pour développer en enrichir ses sensations gustatives.
Mais il faut alors aussi faire preuve de compréhension si votre enfant n’apprécie pas autrement la nouveauté ou la diversification en matière de goût.
Si le thème de l’alimentation vous préoccupe, vous pouvez en parler à votre pédiatre ou à l’infirmière petite enfance: à l’aide des courbes de poids et de croissance de votre enfant, ces spécialistes sauront vous dire s’il grandit bien.
Les petits enfants savent très exactement quand ils sont rassasiés. Il faut alors leur faire confiance et respecter leur sensation. Il n’est pas indiqué de contraindre l’enfant à finir son assiette. Il vaut mieux lui donner plutôt des petites quantités de nourriture; il aura ainsi la possibilité de redemander une portion s’il a encore faim. S’il n’apprécie vraiment pas un aliment, inutile de le forcer; il y goûtera à nouveau plus tard. Il faut donc éviter les «trucs» pour l’obliger à manger davantage, mais vous pouvez accepter son souhait s’il vous fait comprendre qu’il ne veut plus rien. Les enfants en bas âge savent très précisément quand ils sont rassasiés et il est important de leur faire confiance et de respecter ce sentiment.
Bien des adultes souffrent de ne plus percevoir le sentiment de satiété et de manger régulièrement «au-delà de leur faim». À condition de ne pas trop se braquer sur tous ces détails, le repas pris en commun sera ce qu’il devrait être, à savoir un moment agréable passé en famille autour de la table, et non un stress constant. Et c’est finalement le plus important.